Claudine Wyssa

À Bussigny, le Musée Bolo n’est pas le bienvenu

Yves Bolognini, directeur et fondateur du Musée Bolo.

Les citoyens ont refusé l’octroi d’un crédit en faveur d’un centre muséo-culturel à 14 millions.

Petite institution dédiée à l’informatique à l’EPFL, le Musée Bolo ne déménagera pas dans un complexe culturel à Bussigny. Dimanche, ses habitants ont balayé à 69,2% ce projet estimé à 14 millions (taux de participation: 49,2%). La Municipalité a voté en mai l’octroi de 322’000 francs pour organiser un concours d’architecture, décision attaquée par référendum.

Le concept devait réunir à l’horizon 2022 la collection du Musée Bolo (5000 ordinateurs notamment), une salle polyvalente ainsi qu’un restaurant. Pour la Municipalité, qui a présenté le préavis, le résultat du scrutin impactera l’offre culturelle. «C’est une réelle perte pour Bussigny, regrette sa syndique, Claudine Wyssa. Le Musée Bolo aurait fait de la ville un important centre de réflexion sur la société numérique, au cœur des débats actuels.» Dominique Blanc, conseiller communal partisan du projet, ajoute: «C’est un emblème potentiel que l’on perd aujourd’hui, mais ça n’empêchera pas Bussigny d’aller de l’avant.»

«Nous sommes ravis d’avoir pu donner aux Bussignolais l’occasion de s’exprimer», se réjouit Jacques Miauton, conseiller communal et membre du comité référendaire. Son argument: des frais de construction excessifs, que la Commune et le Musée Bolo devaient se partager à hauteur de 7 millions chacun. «Ces frais ont fait peur, continue l’élu. La population n’est pas prête. De plus, un nouveau restaurant et une salle sont inutiles, car il en existe déjà à Bussigny. Il faut investir dans ce que nous avons.»

Musée ou non, Bussigny continuera sa mue. Le projet devait naître dans l’ouest, où un nouveau quartier accueillera à terme 2500 personnes. «Un collège, des zones résidentielles et un EMS y seront construits, rappelle Claudine Wyssa. Bussigny passera de village à petite ville et nous ressentons les craintes de la population. Mais nous devons absolument éviter de devenir une cité-dortoir en proposant des lieux de rencontre et de culture.» Cependant, pas de plan B pour le moment.

Fondé et dirigé par Yves Bolognini depuis 2002, le musée Bolo, gratuit, cherche à se professionnaliser. Son déplacement à Bussigny aurait permis d’agrandir son patrimoine et d’ouvrir une billetterie. Vu l’issue du référendum, il se tournera vers d’autres communes pour discuter d’un déménagement.

Source:

https://www.24heures.ch/vaud-regions/lausanne-region/a-Bussigny-le-Musee-Bolo-n-est-pas-le-bienvenu/story/31126822

Le canton de Vaud et les communes trouvent un accord sur la RIE III

Le Conseil d’Etat vaudois et les communes sont parvenus à un accord pour compenser l’entrée en vigueur anticipée de la réforme fiscale vaudoise. En 2019, le canton versera 50 millions aux communes et reprendra, dès 2020, la totalité des coûts des soins à domicile.

Après plusieurs mois de tractations, les deux associations de communes, l’UCV et l’AdCV, ont signé une convention avec le gouvernement vaudois. Cet accord répond à diverses interventions parlementaires, plusieurs députés étant montés au front pour défendre les intérêts des communes, pénalisées par des pertes fiscales.

Le dossier représentait une importante pomme de discorde entre les communes et le canton. Les négociations se sont déroulées dans un climat « constructif et serein ». Elles ont abouti à un accord « qui nous paraît correct », a expliqué mardi à Keystone-ATS Claudine Wyssa, présidente de l’Union des communes vaudoises (UCV).

Compensations obtenues

Comme le demande la motion Mischler, unanimement adoptée par la commission des finances, l’Etat versera 50 millions de francs en 2019. Ce montant correspond globalement aux compensations prévues pour les communes lors de l’entrée en vigueur de la réforme fédérale des entreprises, PF17. Après son échec en février 2017, cette réforme fédérale est espérée pour 2020.

Les 50 millions promis par le canton seront répartis entre les communes proportionnellement au rendement 2015-2017 des sociétés, y compris celles avec statut fiscal particulier. « C’est pour une phase d’un an; c’était la plus simple manière de faire », a dit Mme Wyssa.

Ces dernières semaines, plusieurs communes s’étaient alarmées des pertes fiscales liées à l’entrée en vigueur de la RIE III vaudoise, début 2019. Certaines avaient même planifié des hausses d’impôts. « Un certain nombre de communes devront revoir leurs calculs. Nous avons reçu ce matin une avalanche de demandes pour obtenir des chiffres », a ajouté la présidente de l’association de communes.

Soins à domicile

Deuxième point du paquet ficelé par le canton: dès 2020, Vaud reprendra la totalité des coûts de financement de l’Association vaudoise d’aide et de soins à domicile (AVASAD). Jusqu’en 2015, les frais étaient partagés moitié-moitié, puis la répartition était passée à un tiers pour les communes et deux tiers pour l’Etat.

La modification sera financée par un mécanisme d’adaptation des coefficients d’imposition du canton et des communes. « La ligne soins à domicile disparaît de nos comptes. Pour les communes, le gain global sera d’environ 35 millions de francs », a calculé la présidente de l’UCV.

Situation économique

Les communes auraient également souhaité obtenir, pour 2017 et 2018, une compensation de 25,6 millions pour la baisse du taux d’imposition des entreprises de 8,5 à 8%. Le canton a fait valoir que la bonne situation économique a permis de combler les éventuelles pertes. « On s’est rallié à l’avis du Conseil d’Etat », a concédé Mme Wyssa.

Le PLR vaudois a pris acte de l’accord signé entre les partenaires, qui est de nature à « pacifier » la situation. Il reste en revanche « dubitatif » sur le volet concernant l’AVASAD. Il estime que ce transfert de compétences est un « mauvais pas » et souhaite que les politiques de proximité restent en mains locales ou régionales.

Source:

https://www.laliberte.ch/news-agence/detail/le-canton-de-vaud-et-les-communes-trouvent-un-accord-sur-la-rie-iii/454322

Les présidentes croisent le fer lors de la Journée des communes

La présidente du Conseil d’État Nuria Gorrite (à gauche) et la présidente de l’UCV Claudine Wyssa (à droite).

L’État et les communes ont encore du boulot pour s’entendre sur la répartition financière.

Bavois a accueilli la Journée des communes, samedi. Un événement inscrit au patrimoine immatériel du canton de Vaud. Avant la ripaille et la Fête au village, l’Union des communes vaudoises (UCV) a tenu, le matin, sa 109e assemblée générale. Les relations entre le Canton et les communes n’ont jamais été une longue roucoulade. Mais la décision unilatérale du gouvernement d’anticiper la réforme vaudoise de l’imposition des entreprises (RIE III) dès 2019 génère un impact financier non prévu sur les communes. Ces dernières demandent des compensations. Pour l’instant, les deux échelons institutionnels n’ont réussi qu’à s’engueuler à ce sujet. Samedi, la délégation du Conseil d’État (les socialistes Cesla Amarelle et Pierre-Yves Maillard étaient absents) ne se déplaçait donc pas en terrain conquis.

Il est revenu aux deux présidentes, Claudine Wyssa (PLR) pour l’UCV et Nuria Gorrite (PS) pour le Conseil d’État, de croiser le fer par discours interposés devant l’assemblée de municipaux. Consciente de jouer à l’extérieur, la patronne du gouvernement a signalé à l’entame de son allocution: «La Journée des communes permet aux élus de se rencontrer, d’échanger et, j’insiste sur ce point, de fraterniser dans une ambiance festive et conviviale.» Avec un accent vaudois bien appuyé. L’entregent de l’ancienne syndique de Morges et sa bonne connaissance des communes – qui font défaut à certains de ses collègues – ont permis de détendre l’atmosphère.

Néanmoins, cela n’efface aucunement les points de tension. «Il y a une quinzaine d’années, les communes ont contribué substantiellement au retour du Canton à meilleure fortune en augmentant leur participation de 30% à 50% à la facture sociale, a commencé Claudine Wyssa. Mais aujourd’hui la situation s’est retournée.» La présidente de l’UCV a encore rappelé que les communes ont soutenu la RIE III et même accepté son anticipation à condition que le Canton leur accorde des compensations. «Afin d’éviter que le citoyen-contribuable ne fasse les frais de cette réforme, a-t-elle indiqué. Cet effet pervers pourrait donner un très mauvais signal pour la réforme fédérale.»

«Une véritable négociation»

De son côté, Nuria Gorrite a répété l’annonce faite mercredi à la presse. Le Conseil d’État souhaite ouvrir «une véritable négociation» avec les communes dans le cadre de l’anticipation de la RIE III vaudoise. «Une annonce faite trois jours avant notre assemblée générale, concordance des temps tout à fait fortuite, a ironisé Claudine Wyssa. Cela fait neuf mois que nous leur demandons des négociations.» Certes, mais pour Nuria Gorrite cette plateforme Canton-communes doit se faire «dans le dialogue et sur la base de chiffres consolidés».

Malgré l’ironie du calendrier, la présidente de l’UCV a salué la porte ouverte par le Conseil d’État. Elle s’y est même engouffrée. «Il faut une négociation globale comprenant tous les thèmes importants à traiter: péréquation, facture sociale, RIE III, soins à domicile, polices et les constructions scolaires. Voilà le catalogue.»

À l’apéro

À l’heure de l’apéro, les avis étaient mitigés, mais avec une constante: «Tout reste à faire.» «C’est clair, il faut remettre à plat la répartition financière entre le Canton et les communes, a estimé le conseiller national et syndic d’Aigle Frédéric Borloz (PLR). Néanmoins, Nuria Gorrite a joué le rôle du Conseil d’État et on sait que c’est le Conseil d’État qui fixe les règles du jeu. C’est lui qui a le pouvoir.»

Le syndic de Baulmes et membre du comité de l’UCV, Julien Cuérel (UDC), était, lui, méfiant: «Le gouvernement cantonal essaie toujours de faire des paquets, on l’a encore vu avec sa stratégie fiscale 2022 qui arrose de 10 millions chaque département. Les négociations à venir doivent se faire politique publique par politique publique, sinon les communes se feront avoir.»

Un peu plus loin, le président de la Commission des finances du Grand Conseil, Alexandre Berthoud (PLR), et son vice-président, Stéphane Montangero (PS), se sont dit ouverts à ce que la commission offre ses bons offices dans le cadre des négociations Canton-communes qui s’annoncent ardues.

Source:

https://www.24heures.ch/vaud-regions/Les-presidentes-croisent-le-fer-lors-de-la-Journee-des-communes/story/22814829

«Notre principal souci est de trouver des personnes prêtes à s’engager»

Claudine Wyssa, présidente de l’Union des communes vaudoises (UCV) et syndique PLR de Bussigny, commente à titre personnel la recherche sur la représentation des femmes dans les exécutifs communaux

Le Temps: La représentation des femmes dans les exécutifs communaux stagne autour de 25%. Ce constat vous préoccupe-t-il?

Claudine Wyssa: Non, pas directement. Aujourd’hui, notre premier souci pour les exécutifs communaux, surtout dans les plus petites communes, est de trouver des personnes prêtes à s’engager. Deuxièmement, qu’elles aient les qualités permettant de faire fonctionner un exécutif. Troisièmement, qu’elles soient bien réparties entre les grandes et les petites communes. La représentation féminine vient pour moi après ces trois autres critères.

– Quelles explications donnez-vous à cette stagnation?

– Les jeunes femmes ont un travail et une famille, comme les jeunes hommes d’ailleurs. Les femmes plus âgées sont plus disponibles, mais n’osent pas toujours se lancer ou pensent que c’est trop tard. La génération de femmes qui aujourd’hui pouponnent sera présente demain tant professionnellement que politiquement, j’en suis sûre.

– Des moyens concrets de rendre les fonctions communales plus attractives pour les femmes?

– Il faut sans doute renforcer les structures d’accueil pour les enfants et garantir une bonne formation pour les femmes.

– Que vous inspire la situation générale des femmes dans la politique suisse?

– La présence des femmes est difficile à analyser, cette étude montre des contradictions. La gauche favorise plus les femmes, mais il y a plus de femmes PLR dans les exécutifs. Les femmes sont bien élues quand elles sont sur des listes politiques, ce qui contredit un certain machisme des électeurs. Dans le canton de Vaud, il y a plus de femmes syndiques dans les petites communes que dans les villes. Je dirais que les femmes ont complètement intégré notre système politique et que leur présence dépend plus de leur engagement, de leur personnalité, de leur couleur politique que de leur sexe. C’est un signe de maturité de notre démocratie directe.

– La parité de représentation doit-elle être selon vous un objectif?

– Non, pas forcément. J’encourage toutes les femmes à s’engager en politique. Mais aujourd’hui, le défi est de continuer à bien faire fonctionner notre système démocratique suisse. Ne multiplions pas les objectifs, ce qui risquerait d’en faire une usine à gaz ingérable.

Source:

https://www.letemps.ch/suisse/claudine-wyssa-principal-souci-trouver-personnes-pretes-sengager?utm_source=mail&utm_medium=share&utm_campaign=article