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Prilly engage des agents privés pour éviter la casse

24 juin 2009 | Catégorie(s) : Police Sécurité, Revue de presse

SURVEILLANCE | La Municipalité en a ras le bol des déprédations dont sont victimes les bâtiments publics. Elle a engagé une agence de sécurité pour les prévenir. Une mesure qui «tombe mal» dans la campagne tendue autour de la réforme policière.

© OLIVIER BRUN | ​Des agents privés patrouillent à Prilly depuis le début du mois de juin. «Nous ne remplaçons pas la police, insiste Charles Zaugg, administrateur de la société SIR. Nous appuyons simplement les forces de l’ordre. Mes agents n’ont d’ailleurs pas de prérogatives policières. Ils n’ont pas plus de droit que n’importe quel autre citoyen.»

© OLIVIER BRUN | Des agents privés patrouillent à Prilly depuis le début du mois de juin. «Nous ne remplaçons pas la police, insiste Charles Zaugg, administrateur de la société SIR. Nous appuyons simplement les forces de l’ordre. Mes agents n’ont d’ailleurs pas de prérogatives policières. Ils n’ont pas plus de droit que n’importe quel autre citoyen.»

RAPHAËL EBINGER | 24.06.2009 | © 24 Heures

«Depuis deux ans, nous avons constaté une recrudescence des incivilités. Nous ne voulons pas laisser le champ libre aux casseurs!» Le syndic de Prilly, Alain Gilliéron, est excédé par les déprédations régulières dont sont victimes les biens publics. «Ils s’en prennent à des équipements qui sont au service de la population, précise-t-il. C’est incompréhensible.» Les bâtiments communaux en général, scolaires en particulier, sont des cibles privilégiées. Tout comme les éléments décoratifs installés pour égayer le centre-ville, telle la fontaine de la nouvelle place du Collège. «Les dégâts nous ont déjà coûté des dizaines de milliers de francs», estime l’élu.

A l’essai pendant cinq mois
La Municipalité a donc décidé de réagir. Depuis le début du mois, elle a engagé des agents de sécurité privés, issus de la société SIR, basée à Gland, pour effectuer des patrouilles dans les endroits sensibles de son territoire. Une équipe de deux surveillants est ainsi sur le terrain le week-end, ainsi qu’un jour durant la semaine. Cette mesure est toutefois transitoire. Après cinq mois, la Municipalité fera une synthèse pour savoir quelle suite lui donner. En cas de succès, il n’est d’ailleurs pas exclu que Prilly demande un renforcement des effectifs de la police de l’Ouest lausannois (PolOuest), qui est née de la fusion des corps des huit communes du district il y dix-huit mois.

L’engagement d’agents privés a en tout cas soulevé quelques questions au sein du Conseil communal, lundi soir. Car son annonce peut surprendre dans un contexte actuellement tendu sur le front politique, avec le débat sur la réforme policière. «Je sais que des collègues d’autres communes vont croire que je soutiens l’initiative D’Artagnan pour une police unique au détriment de la PolOuest, admet Alain Gilliéron. Mais ce n’est pas le cas. Dans notre action, il ne faut chercher aucune critique de notre corps régional. D’ailleurs, si nous avions passé un contrat de prestations avec la police cantonale pour notre sécurité, je suis persuadé que nous tirerions actuellement le même constat.» Pour l’élu, il s’agit d’une prestation complémentaire en matière de prévention des délits en renforçant la présence d’hommes en uniforme autour des bâtiments communaux.

Farouche opposante à la police unique, la présidente du comité de direction de la PolOuest, Claudine Wyssa, avouait hier que l’annonce de la Municipalité «tombe mal dans le calendrier». Juste avant d’entrer dans la salle du Grand Conseil pour débattre de la réforme policière, la députée tenait toutefois à relativiser. «L’engagement d’agents privés pourrait être mal interprété, mais il faut comprendre qu’il répond à des besoins spécifiques. D’autres communes ont pris des mesures d’un autre ordre pour faire face à des problèmes similaires, avec notamment la pose de caméras de surveillance.»

La PolOuest est d’ailleurs partie prenante de la mesure. «Celle-ci est le résultat d’un partenariat bien compris entre la Municipalité de Prilly et nous. La police ne peut résoudre tous les problèmes de déprédation. La sécurité est l’affaire de tous.»

Le même constat est aussi partagé par des communes de l’ouest du canton qui ont chargé la police cantonale de s’occuper de la sécurité sur leur territoire après la signature d’un contrat de prestation. Dans la région de Terre-Sainte, les localités de Mies, de Tannay et de Commugny, et dans une certaine mesure de Coppet, ont aussi donné une mission de prévention des incivilités à une agence de sécurité privée.

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