Argumentaire contre une police unique ou unifiée
30 août 2006 | Catégorie(s) : Police Sécurité
L’argument principal est la nécessité d’une police de proximité, le second argument est l’implication des autorités communales des villes et des régions.
- L’argument principal est la nécessité d’une police de proximité. Les tâches effectuées aujourd’hui par les polices municipales sont à 80% des tâches de proximité (maintien de l’ordre, différents familiaux ou sociaux, surveillance, prévention, respect du règlement de police) alors que les tâches d’intervention ne représentent que 5 à 20% selon les communes. Enfin la lutte contre la criminalité (grande ou moyenne) est une tâche qui dépasse les compétences d’une police de ville, elle reste une tâche essentiellement dévolue à une police cantonale voire fédérale.
- Le second argument est l’implication des autorités communales des villes et des régions. Il ne suffit pas de faire partie d’un « conseil régional de sécurité » qui sert uniquement à donner bonne conscience à chacun. Le conseil régional de sécurité comme il est proposé n’est qu’un organe consultatif alors que l’exercice de l’autorité dans une commune ou une région doit aller de pair avec la connaissance et l’interaction directe de ce qui se passe dans la rue et sur le territoire de la dite commune ou région.
- Toutes les expériences de centralisation des polices faites dans le monde ont montré qu’à très court terme des besoins impératifs de sécurité locale (de proximité, je me répète !) se font sentir, qui aboutissent, suivant les législations, à des engagements de polices privées ou de « gardes-champêtres » qui assument certaines tâches qu’il n’est pas possible de gérer à distance ou de manière centralisée (voir exemple d’Echallens dans le cadre des tests P2000 ou expériences au Canada)
- Aujourd’hui tous les policiers vaudois bénéficient de la même formation. Les compétences nécessaires sont donc présentes aussi bien dans les polices municipales que la police cantonale. Une police régionalisée est donc à même d’assumer toutes les tâches de police locale, sans séparer les processus.
- Le rattachement d’un corps de police à une autorité communale ou intercommunale ne contredit aucunement la transmission et l’exécution d’ordres et de missions policières par la hiérarchie de la police cantonale, comme c’est d’ailleurs déjà le cas aujourd’hui. (voir opérations type strada par exemple)
- L’argument de la défense du pré carré par les autorités communales est à refuser carrément car il est faux et diffamatoire. En effet, il n’y a quasiment plus aucune commune-ville ou région qui n’ait très sérieusement réformé sa police ces quelques dernières années ou qui ne soit en train de le faire. Notamment les aspects de séparation du 5e processus( toutes les tâches administratives qui ne requièrent pas de formation policière) et le regroupement des forces en des corps de police régionaux soit sous la forme d’ententes ou d’associations sont partout réalisés ou en voie de l’être. Les communes ont donc réformé les éléments plus faibles de leurs organisations.
- Le coût de la mise en place d’une police unique, basée sur le statut du personnel cantonal (LPers) a été évalué à 6 millions de francs, uniquement pour la mise à jour du statut, sans aucun changement dans le service à la population.
- L’adoption aujourd’hui d’une motion prônant la Police unique n’a aucun effet contraignant à court terme. Il s’agirait d’une demande du Grand Conseil au Conseil d’Etat de remettre en route un nouveau projet qui, s’il est adopté par la suite, ne verrait le jour qu’en 2013 selon les prévisions à ce jour.
- La nuance entre police unique et unifiée n’est que rhétorique. Le but final est très clair : centraliser toutes les décisions de police au niveau d’un seul commandement en réduisant la notion de proximité à sa plus simple expression et en renonçant à une implication forte des communes et de leurs habitants dans la définition et l’application de la sécurité dont ils ont besoin.